Quand la diversité commence à faire des ravages

Réfléchir à cette déclaration n’est pas facile. Tout d’abord, il convient de définir le terme « diversité ».

Dans le dictionnaire, vous pouvez trouver les explications suivantes pour la diversité :

1- Présence de traits qui rendent une chose ou une personne différente d’une autre appartenant au même type. Synonyme de différence, dissemblance, inégalité. Caractère, aspect par lequel une chose ou une personne se distingue clairement d’une autre.

2- Variété, multiplicité.

Ces explications, synthétiques et génériques, pourraient également apparaître comme des synonymes d’originalité – en plus de celles déjà décrites dans le texte du dictionnaire et cet aspect n’est pas toujours négatif.

Un besoin d’identité propre

Les jeunes, par exemple, surtout à l’adolescence, veulent être originaux. Dans leur originalité, ils s’homologuent les uns les autres, apparaissant alors très semblables – les contradictions du genre humain ! La variété et la multiplicité décrites dans la deuxième explication sont donc un symptôme d’harmonie avec la création, qui est belle précisément parce qu’elle est variée. La variété présente dans la nature est spectaculaire. Pensons, par exemple, aux espèces animales. Il y en a de très étranges et de très drôles : tatou, ornithorynque, coala, musaraigne etc. 

Les groupes ethniques humains sont également différents et multiples, à partir des trois principales souches humaines, des groupes ethniques ont été reproduits avec les différences somatiques et « chromatiques » les plus disparates et, à mon avis, toutes très belles. C’est également vrai pour les cultures humaines, qui ont développé des langues, des coutumes et des costumes complètement différents les uns des autres et pourtant tous fonctionnels pour la survie du groupe social auquel ils appartiennent. Qui peut dire laquelle est la meilleure parmi la myriade de celles qui existent ? Personne ! Ils sont tous extraordinairement beaux et riches.

Et alors ? Vive la diversité ?

Dans ces cas, certainement oui ! Mais quand la diversité commence-t-elle à faire sentir ses effets ?

La diversité commence à peser lorsque, au lieu d’être valorisée pour son caractère unique, elle est stigmatisée et ghettoïsée. La diversité devient lourde à vivre lorsque ceux qui sont stigmatisés sont privés de la dignité et de la reconnaissance de leur diversité en tant que porteurs d’enrichissement de la communauté au sens large. La diversité devient un fardeau lorsqu’avec la stigmatisation et le désaveu social, on est également privé de ses droits et de sa liberté de choisir, de décider et finalement de vivre.

Nous sommes stigmatisés, privés, désavoués et spoliés de nos droits lorsque nous sommes pointés du doigt et isolés comme différents parce que nous n’appartenons pas à une majorité homologuée et inaccessible aux autres – différents de la masse. Nous sommes donc différents par l’ethnie (couleur, origine, culture), par la religion (prédominante ou minoritaire), par le genre (homme, femme), par l’orientation sexuelle (hétéro ou homo) et aussi par la normalité physique ou la déficience physique.

Il n’est pas toujours facile d’être une femme dans le monde du travail, ou d’appartenir à une minorité religieuse. Certes, la diversité causée par un handicap peut peser, mais pas en soi – comme une déficience – plutôt dans toutes les situations où il y a eu discrimination en raison d’un handicap ou privation de liberté de personne ou de mouvement. Ou lorsque vous vous êtes refusé des droits liés à votre handicap en raison d’une querelle bureaucratique ou d’une négligence des institutions. En fait, le sentiment qui émerge dans ces moments n’est pas seulement le poids de la situation, c’est plutôt la colère, que vous devez essayer de dompter pour ne pas expirer dans des actions que vous regretterez plus tard. Il ne faut nier qu’il puisse aussi y avoir des charges dues à un handicap pour l’âge avancé, mais il faut préférer ne pas y penser.

Pour conclure cette réflexion sur la diversité qui devient un fardeau, par un extrait d’un livre de Martin Buber (philosophe, théologien et éducateur juif), car c’est un passage qui peut toujours encourager et qu’il sera un encouragement pour ceux qui auront la patience de lire cet article jusqu’au bout. Voici la citation :

« Avec chaque homme vient au monde quelque chose de nouveau qui n’a jamais existé, quelque chose de premier et d’unique. Chacun a l’obligation de reconnaître et de considérer qu’il est unique dans le monde de son espèce, et qu’aucun homme identique à lui n’a jamais existé dans le monde : si en effet un homme identique à lui avait déjà existé dans le monde, il n’aurait aucune raison d’être dans le monde. Chaque homme est quelque chose de nouveau dans le monde et doit mener sa nature à son terme dans ce monde. Chacun est tenu de développer et de donner corps à cette unicité et à ce caractère unique, et non de refaire une fois de plus ce qu’un autre, même le plus grand a déjà réalisé. Rabbi Sussja, sur son lit de mort, s’est exclamé : « Dans le monde futur, on ne me demandera pas : « Pourquoi n’étais-tu pas Moïse ? », mais on me demandera : « Pourquoi n’étais-tu pas Sussja ? ».

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