Denis Diderot voit le jour le 5 octobre 1713, au sein d’une famille bourgeoise de la ville de Langres. Issu d’une lignée d’artisans couteliers, il est destiné dans sa jeunesse à la prêtrise, ce qui lui vaut le titre d’abbé, de même que l’habit noir. Néanmoins, les circonstances en décideront autrement, et Denis Diderot prendra petit à petit le chemin de la philosophie.

Formation et débuts difficiles à Paris

Dès l’âge de 14 ans, Diderot prend le chemin de la capitale pour étudier. Il en revient en 1735 avec deux diplômes de philosophie et de théologie, obtenus à l’Université de la Sorbonne. Cependant, une fois diplômé, le jeune homme est confronté à des difficultés d’argent. Il se fait professeur particulier, compose des sermons pour un abbé de sa connaissance et il fait également le clerc pour un procureur. Il n’hésite pas à demander des subsides à son père, qui s’en agace.

Le début des années 1740 marque un tournant décisif pour Diderot. Tout d’abord, il rencontre Anne-Antoinette Champion, qu’il épousera clandestinement à sa majorité matrimoniale en 1743, non sans avoir essuyé un refus initial de son père. C’est également à ce moment qu’il fait la connaissance de Jean-Jacques Rousseau, avec qui une longue et profonde amitié le liera pendant plus de 15 ans, avant un éloignement progressif qui aboutira à une rupture définitive en 1770. Enfin, c’est pendant ces années qu’il entreprend ses premières compositions littéraires. Après avoir commencé par traduire des versions anglaises d’ouvrages qu’il enrichit de ses propres réflexions, Pensées philosophiques constitue sa première publication propre en 1746.

L’activité insatiable de l’écrivain aux multiples activités

Diderot est habité par une activité intellectuelle intense, qui, dès lors, se concrétisera par une production abondante d’écrits de différentes formes. Essayiste, critique de littérature et d’art, écrivain de romans et de théâtre, encyclopédiste, il enfile tous les costumes possibles. Hélas, en 1749, il est rattrapé par la censure royale du fait de ses positions matérialistes, ce qui lui vaut une incarcération de trois mois au château de Vincennes. Passablement marqué par sa dure détention, il aura dès lors bien soin de ne plus s’exposer dans ses écrits.

Bien évidemment, l’œuvre majeure de la vie de Diderot reste l’Encyclopédie, qui sera publiée de 1751 à 1772 sous le titre d’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Pendant 20 ans, il compose, rassemble et rédige des centaines de planches avec son ami Jean d’Alembert. Il aura écrit plus d’un millier d’articles de sa propre main, en plus du Prospectus publié pour informer le public de la portée de l’ouvrage. Ce travail, bien que peu connu de ses contemporains, fera passer Diderot à la postérité. Après un voyage effectué auprès de Catherine II à Saint-Pétersbourg et deux séjours à La Haye (1774), son état de santé se détériore progressivement, jusqu’à son décès qui survient le 31 juillet 1784 à Paris.