Si des doutes peuvent encore subsister sur l’existence réelle du personnage de Socrate, celle de Platon est belle et bien avérée. Probablement né autour de l’année 427 avant notre ère à Athènes, l’auteur d’œuvres aussi célèbres que La République ou encore Le Banquet est considéré comme le fondateur de la philosophie telle que nous la connaissons. Décédé à plus de 80 ans, le vieux philosophe grec nous a légué ses dialogues pleins d’esprit et de style, qui constituent encore la matière première de nombre d’étudiants dans nos écoles occidentales.

Où chercher les sources d’inspiration de Platon ?

Il est très probable que Platon n’a pas été conscient de son vivant de la portée incalculable qu’aurait son œuvre sur la pensée à travers les époques. À l’inverse, il avait coutume de dire que rien n’était inventé de lui, ce qui atteste le fait qu’il se soit inspiré de différentes traditions et courants de pensée accessibles à l’époque classique. Tout d’abord, Platon a probablement réalisé une synthèse entre différentes traditions philosophiques grecques dont il ne nous reste des fragments qu’à travers lui. On peut par exemple citer la tradition orphique, ou encore celle des mystères d’Eleusis, toutes deux pratiquées par les ancêtres de Platon.

Néanmoins, au cours de sa longue vie, Platon a su élargir ses horizons par des voyages d’apprentissage. Il aurait notamment eu l’opportunité de réaliser un séjour en Egypte, dont les traditions seraient venues se mêler à sa pensée. Si l’existence de ce voyage ne peut être absolument avérée, il est en revanche certain qu’il a réalisé plusieurs voyages parmi les cités grecques de Sicile, et notamment à Syracuse – qui n’est autre que la ville de Pythagore. Or Platon, dans ses dialogues, fait explicitement référence à l’apport du pythagorisme dans sa réflexion, sans toutefois préciser sur quels points.

Platon, Socrate et les sophistes

L’œuvre de Platon comporte moult références au personnage de Socrate. Si les relations entre les deux hommes sont mal connues, on estime que Platon aurait rencontré Socrate autour de ses 20 ans, et qu’il aurait été l’un de ses principaux disciples jusqu’à sa mort, environ huit ans plus tard. La mise en scène de Socrate dans les textes platoniciens atteste le culte presque surhumain qui était rendu au maître par ses disciples, dont Platon.

Enfin, Platon ne serait pas ce qu’il est sans sa rivalité légendaire avec l’école des sophistes, qu’il combattit toute sa vie. Dans son ouvrage intitulé Le Sophiste, il prend à parti le penseur Parménide, qui incarne à ses yeux la philosophie à éliminer. C’est sur la question de l’être et du non-être que l’affrontement s’est concentré, Platon défendant l’existence du second contre les sophistes. De fait, cette opposition à des courants de pensée préexistants fut pour lui une façon de modeler ses théories.

Ainsi, si l’on peut considérer Platon comme le père de la philosophie occidentale, il est évident que l’œuvre qu’il nous a léguée relève d’une synthèse opérée entre de nombreux courants de pensée préexistants à la Grèce de l’époque classique.