Indéniablement, Denis Diderot reste une figure majeure de la pensée française. Il incarne le renouveau du siècle des Lumières, aux côtés des Voltaire, Rousseau et autres Montesquieu. Son projet d’Encyclopédie est l’œuvre à travers laquelle il est encore le plus identifié de nos jours, même si ses travaux ont pris la forme d’une multitude d’activités intellectuelles, stimulées par cet esprit infatigable.

L’Encyclopédie, l’œuvre emblématique de Denis Diderot

S’il est bien une œuvre liée à la vie de Denis Diderot, c’est indéniablement l’Encyclopédie. Publiée de 1751 à 1772 sous le titre d’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, elle représente un formidable travail de compilation, de recherche, d’agrégation et de rédaction des centaines de planches qui composent ses 8 volumes. Alors qu’à l’origine, l’ambition n’était que de traduire l’ouvrage Cyclopaedia de l’auteur anglais Ephraim Chambers, l’agitation intellectuelle de Diderot le pousse à entreprendre un travail de grande envergure.

Pendant 20 longues années, il réalisera cet ouvrage en compagnie de Jean d’Alembert, autre figure majeure du siècle des Lumières. La rédaction des articles de l’Encyclopédie sera parfois l’exutoire à travers lequel Diderot réglera ses comptes avec son ami Jean-Jacques Rousseau, l’une des seules polémiques à laquelle il sera jamais mêlé. Elle conduira néanmoins à une rupture entre les deux hommes qui s’étaient tant appréciés. Enfin, un aspect peu connu de la rédaction de l’Encyclopédie concerne les passions qu’elle aura suscitées autour d’elle, mettant aux prises parfois durement les encyclopédistes, les éditeurs et le clergé, dans des rapports de force qui épuiseront Diderot sur la fin de l’ouvrage.

Diderot, le polygraphe aux multiples emplois

À l’instar de son ami Rousseau, Diderot a connu dans sa vie des difficultés d’argent, notamment à la fin de ses études. Cela l’a conduit à exercer différentes fonctions qui ne le prédestinaient pas à une grande carrière littéraire et intellectuelle. Il fut notamment professeur particulier, clerc d’un procureur issu de sa ville de Langres, ou encore rédacteur de sermons pour un abbé. Plus tard dans sa vie, l’impératrice de Russie Catherine II répandra ses bienfaits sur la vie de Diderot, et le mettra à l’abri du besoin pour le restant de ses jours. Le philosophe jouera notamment le rôle d’agent auprès de l’éminente dame, négociant des tableaux de peintres célèbres dont elle souhaitait l’acquisition.

On découvre donc là un Diderot dont la polyvalence se révèle largement dans l’ensemble de son œuvre écrite. Éminemment polygraphe, son insatiable activité d’écriture le conduit à endosser de multiples rôles, dont certains qu’il crée : philosophe, essayiste, critique littéraire, traducteur, écrivain de romans, conteur, et, bien évidemment, encyclopédiste. Toutefois, malgré le travail intellectuel considérable qu’il a réalisé tout au long de sa vie, Diderot ne recueillera pas les lauriers de son œuvre de son vivant. Ce ne sera qu’à la fin du XIXe siècle que l’intérêt de ses écrits sera remis au goût du jour. Même si Diderot reste très célèbre aujourd’hui pour l’Encyclopédie, il nous a légué une riche bibliographie empreinte de matérialisme, d’athéisme et d’évolutionnisme.