Arthur Schopenhauer est né en 1788 dans ce qui était alors la ville libre de Dantzig (aujourd’hui devenue Gdańsk en Pologne), en Poméranie allemande. Son œuvre, inspirée de Kant, de Platon et des philosophies orientalistes, aura un grand impact sur la philosophie allemande dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Jeunesse mouvementée de Schopenhauer et formation commerciale

Citoyen de Dantzig, l’un des anciens ports majeurs de la Ligue hanséatique, le père d’Arthur Schopenhauer est un commerçant aisé. Sa mère, Johanna Trosiener, est quant à elle plus versée dans les études littéraires. Très tôt, le père d’Arthur le destine à épouser une carrière dans le commerce, tout comme lui-même. Déjà, en 1793, la famille Schopenhauer doit se replier à Hambourg, fuyant l’occupation prussienne de Dantzig. Puis son père, désireux de lui inculquer une éducation ouverte sur le monde, entreprend de le faire voyager. C’est ainsi qu’âgé de neuf ans, le jeune Arthur sera placé pendant deux années complètes au Havre, chez un correspondant de son père, où il se familiarisera avec la langue française.

De retour parmi sa famille, son père étoffe sa formation commerciale en l’emmenant avec lui pendant ses voyages d’affaires. C’est ainsi qu’il découvrira Hanovre, Weimar, Prague, Berlin, Dresde ou encore Leipzig. Puis, à ses 15 ans, à l’issue de sa formation commerciale, son père lui offre un nouveau voyage à travers l’Europe. Arthur résidera à Londres, d’où il tirera une excellente maîtrise de la langue anglaise, à Paris, en Savoie, dans le Sud de la France, en Suisse, en Bavière et enfin en Autriche. Même si son intérêt pour les études littéraires commence à poindre depuis quelques années, il reste tenu par l’engagement pris auprès de son père. De retour à Hambourg, il commence à exercer en tant qu’employé commercial.

Etudes littéraires et compositions philosophiques

Finalement, la mort tragique de son père en 1806 lui ouvre la voie à sa vraie passion. Reprenant des études classiques, il se forme auprès d’éminents philosophes allemands jusqu’en 1813, à Goettingue puis à Berlin. Il puisera dans ces années de formation ses principales sources d’inspiration, étudiant Kant, Platon, Spinoza ou encore Aristote. C’est également à ce moment qu’il s’intéresse aux philosophies orientalistes, qui marqueront profondément son œuvre. Enfin, il rencontre en 1813 le célèbre Goethe, avec qui il aura des entretiens marquants.

Le reste de sa vie consistera en l’écriture de son œuvre. Le Monde comme volonté et comme représentation, rédigé entre 1814 et 1818, reste son ouvrage majeur, qu’il complètera 24 années plus tard. Touché par des problèmes financiers, il devra un temps exercer en tant que chargé de cours à l’Université de Berlin. En bute à des échecs éditoriaux, il sera notamment la proie d’une dépression en 1823. Il devra attendre la fin de sa vie pour que son œuvre soit enfin vue avec intérêt par ses contemporains. À partir de 1833, il s’installe à Francfort, où il s’éteindra 27 années plus tard, en 1860, d’une crise cardiaque.